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Le LAC échafaude l’éducARTion à La Réunion

La passerelle avec l’école est associée au concept artistique de LAC dès le début de sa création. C’est une immersion du monde de l’éducation dans le monde de l’art. Elle permet de sensibiliser et de démocratiser l’art contemporain vers les scolaires. Grâce à cette passerrelle, plus de 30 000 élèves ont pu rencontrer des artistes, se confronter aux œuvres du LAC et participer à de très nombreux ateliers de pratiques artistiques et vidéos sous la direction et l’impulsion de Roselyne et Vincent Mengin qui y consacre beaucoup d’énergie. Cette action en partenariat avec le Rectorat, la DAC de La Réunion, la Région Réunion et le Département se poursuit chaque année avec des projets inédits depuis 1989.

La salle de classe multimédia peut aussi présenter des expositions aux élèves. Ici Vincent écoute les commentaires des élèves et répond aux questions.

Le jardin de sculptures

Dès 1982, Roselyne et Vincent se sont attachés à transfigurer le champ de cannes à sucre récemment acheté en un jardin le plus merveilleux possible. Vincent Mengin-Lecreulx, né à Boulogne Billancourt, banlieue limitrophe de Paris, rêvait d’un monde tropical à la végétation luxuriante, à la limite du cliché. A force d’efforts, de travail acharné et d’abnégation, ils sont parvenus à refaçonner le paysage et en faire un écrin pour les sculptures qui allaient bientôt le peupler. Depuis le jardin a survécu aux cyclones malgré parfois des cicatrices et des plaies béantes difficile à oublier. Ils consacrent aujourd’hui une grande partie de leur énergie à entretenir le lieu pour qu’ils puissent notamment accueillir des visites scolaires mais aussi celles du grand public. Dès l’entrée du LAC, les élèves sont immergés dans l’art, la fantaisie, la poésie. On change de Monde, on déplace le regard et on s’étonne toujours des effets positifs, notamment pour les élèves en difficulté scolaire.

Les élèves à l’entrée du LAC mesurent vite le choc thermique du changement d’univers.
Les collégiens de la Ravine des Cabris accompagnés de leur professeur d’arts plastiques Serge Prouteau, le premier enseignant à La Réunion a s’être montré intéressé par un partenariat avec le LAC dès 1985.
Roselyne raconte à des élèves de CM2, l’histoire de ce bas relief d’Alix Pothin, jeune artiste réunionnais formé par Vincent en 1990.
De très nombreux élèves découvrent les sculptures du jardin et les dessinent parfois.
Le célèbre grapheur américain JonOne fait participer une classe à la réalisation de sa fresque murale monumentale : « La jungle urbaine ».
Pique-nique scolaire à l’ombre dans le jardin du LAC. C’est aussi une manière de se mêler à l’art.
Roselyne veille à ce que les enfants puissent déjeuner sur la table pensée par Vincent, à l’ombre du manguier.
La table en béton recouverte de carreaux brisés a été conçue et réalisée par Vincent Mengin-Lecreulx pour recevoir une classe entière.

Le Sanctuaire Fantastique

Vincent Mengin-Lecreulx s’est octroyé exclusivement cet endroit qu’il a lui même terrassé en y inscrivant le grand bassin qui a donné son nom au LAC. Aucun autre artiste n’a été autorisé à s’implanter dans ce Sanctuaire Fantastique consacré aux diverses divinités existantes et inventées. Un travail de réflexion sur le spirituel est proposé aux élèves à partir de l’observation d’œuvres choisies selon leurs âges. La découverte du bassin est toujours un enchantement pour les enfants. Au LAC, on nourri les carpes et on interroge beaucoup Vincent sur son monde imaginaire car le Sanctuaire Fantastique est le seul endroit du jardin où l’on trouve exclusivement ses œuvres.

Le bassin est une cour de récréation où les cris sont remplacés par le calme, l’observation et le dialogue.
Deux collégiennes inspirées dessinent le Sanctuaire Fantastique. Voir, rencontrer et faire, c’est la devise du LAC.
Un instant de recueillement sur la tombe du Bourreau de Béthune, catcheur mythique qui a accompagné l’imaginaire de Vincent enfant.

La salle de classe du LAC

On rappelle que Vincent Mengin-Lecreulx a été instituteur au début des années 70. Lassé d’accumuler une multitude de petits boulots et muni de son BAC soixante-huitard, il a été revoir son ancien directeur d’école communale qui se souvenait de cet élève extrêmement agité et lui a, malgré tout, ouvert les portes de l’Éducation Nationale. C’était une autre époque. VML a exercé cette profession avec passion et inventivité novatrice dans l’approche de la transmission des savoirs, pendant 2 ans. Ensuite il a repris ses activités purement artistiques mais est resté très marqué par cette expérience pédagogique. En installant la passerelle avec l’École, dès le début Roselyne et Vincent se sont interrogés sur le rôle de l’artiste et de son œuvre dans la société. Il leur est apparu évident que de participer à l’ouverture d’esprit de la jeunesse est un devoir pour l’artiste. Pour affirmer cette conviction, Vincent a construit au dessus du Palais aux 7 Portes une véritable annexe artistique de l’Éducation avec une salle de classe équipée, un plateau de prise de vue, une salle d’exposition et un vaste pré haut servant d’atelier pour les élèves. Cette détermination a rallié à sa cause les principales institutions réunionnaises en charge de l’Éducation, soit le Rectorat, la DAC OI, la Région et le Département.

Vincent explique à des élèves la séquence de la collection de 365 films « Coloriage avec » qu’ils vont tourner dans la salle bleue voisine.
Roselyne a dirigé et accompagné tous les ateliers d’arts plastiques 1000 Masques pour le projet de Errô, puis à poursuivit à la demande du corps enseignant. Vincent de son côté a réalisé 2191 films de 2 minutes chacun sur tous les élèves de ce projet qui s’est déroulé de 2000 à 2021.
Roselyne dirige l’atelier de silhouettes sur l’identité de chaque élève.
Les élèves analysent les lithographies exposées dans la salle de classe.
Les enfants participe au tournage du film de Vincent Mengin-Lecreulx : « Le Bourreau de Béthune, l’Ange Blanc et la Joconde ».

Les naufragés pétrifiés du Radeau-Ring

L’idée de fabriquer un remake du Radeau de la Méduse est né avec l’installation de 177 animaux naturalisés que Vincent Mengin-Lecreulx a réalisé au Musée de la Cour d’Or de Metz à la demande de son Conservateur en Chef Philippe Brunella. VML a imaginé l’arrivée de ces naufragés lorrains, qui, après avoir traversé une nuit ardente déclenchée par un volcan réunionnais que l’on croyait éteint, le Piton des Neiges, se sont finalement échoués dans le jardin du LAC, pétrifiés comme à Pompéi. Cette petite fable surréaliste a demandé 3 ans de travail acharné à VML pour arriver au bout de ce que l’on peut considérer aujourd’hui comme un chef d’œuvre.

Des collégiens participent au déplacement de la sculpture en cours de l’éléphant naufragé. Vincent, comme à son habitude filme tout.
Les élèves en visite au LAC découvre la progression de la fabrication du Radeau-Ring. Là, le radeau est construit, les 4 coins du ring et les cordes sont en place, mais seul l’éléphant est terminé et installé. A suivre donc…
Des collégiens en visite au LAC, déplacent la girafe pétrifiée jusqu’au Radeau-Ring.

La Case Mille Masques

Errô a proposé à Roselyne et Vincent Mengin-Lecreulx de réaliser un super atelier de masques avec 1000 élèves de La Réunion. Roselyne Mengin-Lecreulx dirige pendant deux ans les nombreux ateliers avec les 1000 élèves de 35 établissements scolaires, alors que Vincent conçoit et construit sur mesure le bâtiment pour accueillir les masques. Quand Errô arrive 2 ans après pour installer les masques selon un ordre qu’il défini, c’est devenu naturellement une œuvre commune avec les Mengin.

1000 élèves ont participé au magnifique projet de Errô la Case Mille Masques qui a été visitée par d’innombrable élèves.
Vincent fait découvrir inlassablement aux élèves, collégiens, lycéens et bien sûr aux autres visiteurs la Case Mille Masques.
Les élèves d’une école primaire ont fabriqué des masques qu’ils présentent devant la Case de Errô.

Le Palais aux 7 Portes

Vincent Mengin-Lecreulx a veillé particulièrement utiliser la passerelle avec l’École pour ouvrir son projet monumental à l’Éducation Nationale, non pas simplement pour inviter les élèves à découvrir cette « collection » une fois installée, mais bien au contraire, de participer activement à la fabrication de certaine pièce, sous l’autorité bien sûr des artistes invités, et chaque fois que c’était possible. C’est ainsi que des élèves d’écoles primaires, des collégiens et des lycéens de toute l’île ont eu le privilège de côtoyer au plus près certains artistes du P7P en collaborant à la réalisation de leurs pièces, chacun selon ses compétences. Ainsi des lycéens d’établissements professionnels en métallerie ont découpé et soudé du métal pour fabriquer le pont-levis sous la direction de Vincent et de leur professeur de mécanique Gérard Boileau, aujourd’hui à la retraite. Mais d’autres élèves ont collaborer à des degrés divers aux pièces de Jean-Louis Vila, Vladimir Vélickovic, Claude Viseux, François Martin, Vincent Mengin-Lecreulx, Hervé Télémaque, Mark Brusse, Christian Jaccard et Hervé Di Rosa. Des lycéens spécialistes du bois ont travaillé avec Joël Kermarrec et à nouveau Hervé Télémaque, Ceux du carrelage avec Jacques Poli, Gérarddiaz et encore Di Rosa. Enfin, les élèves d’écoles primaires et les collégiens sont intervenus dans les œuvres de Yann Dugain, Errô, Jean-Louis Vila, Christian Jaccard, Hervé Di Rosa et Gérard Sclosser. Aujourd’hui, si le P7P s’inscrit tout naturellement dans l’histoire de l’art, il s’enracinera très certainement à La Réunion, grâce à la passerelle avec l’École développée par le LAC et symbolisé par le fameux pont-levis du Palais aux 7 Portes.

Roselyne et Vincent baissent régulièrement le pont-levis du Palais aux 7 Portes pour le faire découvrir aux visiteurs curieux, petits et grands.
Les élèves se reposent sur le palier du P7P. Depuis Vincent a posé le toit, transformant ainsi la simple terrasse en un vaste pré haut servant d’atelier.

La Chapelle Mengin

La Chapelle Mengin est devenue en 2010 l’œuvre de Vincent Mengin-Lecreulx qui la conçois comme un immense cabinet de curiosités dévoilant d’une part, sa collection d’œuvres nées des résidences d’artistes depuis 40 ans qu’il a pu conserver, et d’autre part, une rétrospective de son travail personnel qu’il actualise au fur et à mesure. C’est un lieu qui est pensé pour happer le visiteur par la tête, l’enfouir sous les œuvres et le maintenir ainsi le temps qu’il veut. C’est aussi le «Cinéma Mengin» et ses plus de 3500 films que l’on projette parfois dans cette salle.

Une classe de collégiens en immersion dans la Chapelle Mengin.
Vincent répond à toutes les questions posées par les élèves, elles sous souvent pertinentes, voir étonnantes.

L’atelier d’estampes

Historiquement, le lithographe de référence à La Réunion s’appelle Antoine Roussin.
Il imprimait ses lithographies qu’il dessinait lui même dans son atelier équipé d’une presse à bras trouvée en 1846. Vincent Mengin-Lecreulx, a lui même été chromiste lithographe à Paris et connaît bien le métier. Il s’est renseigné en arrivant sur l’île pour savoir ce qu’est devenue la presse à bras de Roussin. A priori, elle aurait été détruite. Il a donc fait venir une presse lithographique rachetée à une imprimerie parisienne et a construit un atelier pour l’utiliser. Il a pu ainsi éditer de nombreuses estampes en mettant cette possibilité à disposition des artistes en résidence au LAC.

Vincent Mengin-Lecreulx encre et imprime les linogravures des élèves de CM2.
Emmanuelle Ausedat, artiste lithographe, imprime des lithographies sur la presse à bras du LAC.
Vincent explique les bases de la technique lithographique sur pierre à des élèves de CM1 installés dans le jardin du LAC.
Nobuko Watanabé grave les travaux d’élèves sur la presse gravure du LAC.