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Le jardin de sculptures

Dès leur installation à La Réunion en 1980, Roselyne et Vincent ont acheté un champ de cannes à sucre d’environ 7000 m2 pour le transformer en Lieu d’Art Contemporain avec parc végétal luxuriant mêlant arbres tropicaux et sculptures contemporaines d’artistes venus en résidence avec l’univers fantastique tout droit sorti de l’imagination du « chef d’œuvrier » Vincent Mengin-Lecreulx. Aujourd’hui, plus de 40 ans après, pour pénétrer dans ce jardin, on emprunte un long chemin bordé d’arbres à pneus, espèce inventée par Vincent Mengin-Lecreulx et endémique du Lieu : Du vent dans les caoutchoucs, en osmose avec de nombreuses sculptures qui dialoguent en permanence avec une végétation toujours plus luxuriante. C’est ainsi que la case 1000 Masques de Errô, installée en 2004, converse volontiers avec la Volière du Roi d’Égypte de François Martin et de la Case à outils de Christian Jaccard, construite en 2017, pendant que Mister Monkie de Mark Brusse flirte avec ses homologues, œuvres de Claude Viseux, de Jean-Louis vila et de François Arnal. Plus loin, en contrebas, la Jungle urbaine de JonOne, fresque de 66 m de long, peinte en 2010, borde le Sanctuaire Fantastique de Vincent Mengin, aménagé autour de son grand bassin sous la protection de divinités réelles et inventées. Actuellement, cette promenade à travers ce jardin merveilleux se ponctue par l’installation monumentale in progress de Vincent Mengin: les Naufragés du Radeau/Ring.

Dès 1980, Roselyne et Vincent ont planté quantité d’arbres tropicaux sur leur champ de cannes à sucre, le transformant ainsi en jardin de sculptures. Aujourd’hui, en 2021, les arbres ont bien grandi.

 

Bonjour

L’entrée au LAC a été étudié par VML pour, à la fois accueillir le visiteur de manière conviviale avec une végétation très spectaculaire et hospitalière, et en même temps, l’avertir qu’il n’entre pas n’importe où et n’importe comment, avec une installation relativement hostile que Vincent a baptisé non sans un certain humour, « Bonjour ». L’avertissement annonce également que si l’art est fait pour déranger, ici on ne dérange pas les curieux pour rien, ils ont beaucoup de choses à découvrir…

Bonjour, Vincent Mengin-Lecreulx, installation pour les scolaires à l’entrée du LAC, 100 m2, 1990.

Les premières pousses pneumatiques

Après avoir peint pas mal de chiens écrasés sur les routes de l’île, dès 1989, VML décide de se servir de l’objet du délit, c’est à dire du pneu, pour inventer une nouvelle variété végétale endémique à La Réunion : l’arbre à pneus. Le premier arbre concerné par cette intervention de chirurgie esthétique fut un avocatier condamné à tomber dans le bassin du LAC après le fameux cyclone monstrueux : Firinga. Son voisin proche n’avait pas survécu à la force extraordinaire des vents et s’était vautré au fond de l’eau du LAC. Vincent Mengin-Lecreulx, toujours prudent, a décidé de l’ébrancher pour éviter une nouvelle catastrophe. Lorsque l’arbre fut réduit à l’aspect d’un vulgaire poteau télégraphique, l’humiliation était trop évidente pour la laisser passer sans réagir. VML, inspiré par ses chiens écrasés, enquilla alors une collection de vieux pneus peints, comme on enfile des perles. Arrivé au sommet de l’arbre, il a bouché le sommet avec une tôle plane, pour éviter que la pluie ne pourrisse le tronc. Pour lui, le travail était terminé, et à sa grande surprise, la nature n’avait pas dit son dernier mot. Une petite feuille a réussi à se faire un passage en haut de l’arbre, puis forcer le passage de la frêle branche qui lui servait de perchoir, pour finalement, en quelques mois, défoncer le plafond métallique et renaître à la vie. Depuis des année, l’avocatier s’est épanoui et donne des fruits d’une douceur très particulière et d’une saveur tout à fait particulière, le goût des survivants.

Les avocats du LAC, Vincent Mengin-Lecreulx, avocatier et pneus peints, 1989 (Photo 2021).
Détails branches forçant les pneus.
Détails d’une pousse forçant les pneus.

 

La guillotine à pieds

Depuis son enfance, Vincent Mengin-Lecreulx a du mal à supporter les plus grands que lui. C’est paradoxal pour quelqu’un qui refuse de grandir depuis l’âge de 7 ans. Fataliste, il accepte volontiers de vieillir, mais sans grandir car il appréhende le Monde des adultes, trop sérieux et triste pour lui. Il a donc décidé de raccourcir tout visiteur qui aurait l’outrecuidance de dépasser la taille du patron des lieux, soit 1,80m. A observer la hauteur du tas de chaussures de ses victimes, il est clair que les nouvelles générations sont bien nourries. C’est une idée qui lui a été directement inspirée par le conflit interne au Rwanda qui opposait les Hutus aux Tutsis. Quand un petit attrapait un grand, il lui sectionnait les pieds afin de le ramener à une taille moins prétentieuse… La réalité, comme très souvent dépasse d’une tête la fiction.

La Guillotine à pieds, Vincent Mengin-Lecreulx, installation métal et chaussures, h : 480 cm x L : 770 cm x l : 1270 cm, 2015.

Sous la vouve étoilée

En 2017, Vincent Mengin-Lecreulx se lance à cœur perdu dans les structures métalliques, le résine, le sable pour fabriquer pendant 3 ans, une œuvre monumentale : « Les naufragés du Radeau-Ring ». Au beau milieu de cette réalisation prenante, on lui propose un projet sur le poète réunionnais Boris Gamaleya. Il conçoit alors cette sculpture d’après une de ses poésies, pour reprendre rapidement le cours du Radeau.

Sous la vouve étoilée, Sculpture en résine, sable et osier, l : 160 cm x L : 320 cm x h : 120 cm, 2019.

Les sculptures des artistes invités au LAC

Vincent a démarré dès le début de son installation à La Réunion par se réserver une place dans le futur jardin de sculptures en construisant assez vite le grand bassin en contre-bas. C’est l’emplacement du futur Sanctuaire Fantastique. Dès 1989, il réalise une hybridation avec la nature en fabriquant ses premiers « arbres à pneus ». En 1990, il invite le sculpteur Claude Viseux qui investit le jardin en y implantant deux sculptures en acier inoxydable. Dès lors, insidieusement, certains artistes invités au LAC, se sont montrés demandeurs d’une place dans le jardin. C’est ainsi qu’en 1990, Yann Dugain a scellé ses cônes le long du chemin, puis François Arnal a coupé en rondelles des roches de basalte. Puis en 1997, François Martin y a posé son « Zorey ». Par ailleurs, la volière que VML avait conçu pour abriter un endormi perdu et quelques perruches, qui n’ont malheureusement pas survécu au cyclone historique « Firinga », a été abandonnée, puis récupérée par François Martin, pour devenir « La volière du Roi d’Égypte ». Ensuite, Jean-Louis Vila a fait de la peinture en fer à béton, Mark Brusse a construit son Mister Monkie, JonOne a peint une fresque monumentale de 130 mètres de long, et enfin, Olga Luna est venue emplâtrer des élèves, leurs professeurs et même Roselyne et Vincent.

Naja, Claude Viseux, Sculpture en acier inoxydable, 380 x 95 x 95 cm, 1990.
Chakra, Claude Viseux, Sculpture en acier inoxydable et basalte, 170 x 235 x 190 cm, 1997.
Zorey, François Martin, Sculpture en métal, 116 x 63 x 5 cm, 1997.
La volière du Roi d’Égypte, François Martin, Technique mixe, 2001.
Cône, Yann Dugain, Bas-relief en béton peint, 260 x 143 x 50 cm, 1990.
Cône, Yann Dugain, Sculpture en béton peint, 220 x 142 x 137 cm, 1991.
 
 
Basalte en tranches, François Arnal, 1996.
Après la peinture, Jean-Louis Vila, 230 x 152 x 4 cm, 2008.
Mister Monkie, Mark Brusse, Sculpture en métal, 370 x 190 x 9 cm, 2009.
La jungle urbaine, JonOne, Fresque murale, côté tombe de VML. 130 m x 2,20 m, 2010.
La jungle urbaine, JonOne, Fresque murale 130 m x 2,20 m, 2010.
Fleur de cannelle, Olga Luna, 42 moulages en plâtre et 42 photographies, 80 x 800 x 20 cm, 2010.